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La peur, ce frein mental

La peur c’est quoi au juste ?

C’est vrai ça, on en parle souvent même si on évite de dire franchement “j’ai peur de me ramasser comme une pauvre chose…”. Alors on le formule autrement. On préfère dire : ” qu’est-ce-que je vais faire si….”, ou “j’aimerai bien mais…” Finalement, le mot PEUR fait peur à employer, comme si le prononcer lui donnait encore plus de poids…

Quand il est question de sortir de sa zone de confort, là, il y a plusieurs cas de figure :

  • ceux à qui l’idée de s’imaginer vivre quelque chose de différent donne des ailes et qui foncent malgré la peur
  • ceux qui iraient bien vers un nouvel horizon mais n’osent pas encore, freinés par la peur sans qu’elle soit paralysante
  • ceux qui n’envisagent pas un seul instant de faire le moindre pas, en cause une peur profonde issue de leurs schémas mentaux

La peur et les 3 cerveaux

La peur se construit différemment dans le cerveau et avec des origines, des causes multiples et propres à chacun. Panique pas, c’est avec de la bio toute douuuuce que je t’explique :

Le cerveau reptilien

La peur à la base est une bonne réaction pour se défendre ou fuir en cas de danger. C’est une réponse de survie grâce au cerveau reptilien, le premier en construction dans le développement global du cerveau. C’est pour ça qu’il porte le nom de cerveau primitif. Avec lui, on ne réfléchit pas : il s’occupe de la respiration, du sommeil, de la circulation sanguine, de la digestion etc. C’est l’instinct de survie. En gros, on lui dit merci parce que grâce à lui, nos muscles et nos réflexes se mobilisent pour détaler comme un lapin à la vue d’un serpent par exemple. Chez moi, c’est à la vue d’une souris hahaha…ben quoi ?!

Le cerveau mammalien

Ensuite, juste au-dessus, il y a le cerveau des souvenirs qu’on appelle le cerveau mammalien parce que tous les mammifères le possèdent. C’est notre réservoir de souvenirs, d’émotions. Il compare les expériences présentes avec les expériences passées fonction des ressentis vécus comme agréables ou désagréables. Le cerveau mammalien est l’analyste de nos expériences. Par exemple : si une personne s’est faite mordre par un chien dans son passé, elle développe de la peur à chaque fois qu’un chien arrive vers elle en courant. En effet, son cerveau mammalien a créé une connexion : “chien = morsure”, issue d’un souvenir désagréable vécu.

Le néocortex

Et puis enfin, il y a le cerveau moderne, le dernier conçu : le néocortex, appelé aussi cerveau cognitif ou rationnel. C’est lui qui gère le langage, les pensées, le raisonnement, qui nous fait réfléchir sur le bien et le mal, c’est le planificateur de nos journées et de notre vie… C’est la partie du cerveau qui se construit en dernier, tout simplement parce qu’elle est la moins importante comparée à la partie responsable de la survie. Cette partie du cerveau apporte une pensée rationnelle aux décisions.

Et c’est elle qui vient justement trop souvent court-circuiter notre élan de changement…au profit de la zone de confort, plus rassurante. C’est de cette partie d’où provient cette petite voix avec les injonctions : “tu devrais pas …”, “tu ferais mieux de…”, “tu vas quand même pas faire ça…” etc.

Si je te parle des différentes structures du cerveau c’est pour mieux se rendre compte de ce qu’est la peur au sens strict du terme : à savoir une réaction de survie face à un danger bien réel.

La peur au quotidien

Aujourd’hui, la peur que l’on connait est issue surtout de la pensée, elle est irréelle. Elle est créée par le système d’imagination, par les croyances nées de l’éducation et du parcours d’expériences de vie. Chacun a donc ses propres peurs. Ce qui fait peur à l’un, ne fera pas peur à l’autre.

L’important c’est donc de prendre conscience de ta peur, de l’analyser pour t’en approcher afin de comprendre son origine.

Quand la peur est synonyme de doutes : Halte à nos pensées !

Tout le monde connaît des doutes, des moments d’inquiétudes. La vie est parsemée d’incertitudes. Le mental et le flow de nos pensées négatives sont très forts pour nous insuffler une petite voix décourageante et tuer nos rêves dans l’œuf. Chacune de nos décisions s’évalue entre le risque de perdre de que l’on a déjà et le gain éventuel. On s’enchaîne par notre propre système de raisonnement logique… Merci bien le néocortex !

la peur enchaîne

Tu connais l’expression “on sait ce que l’on perd mais pas ce que l’on gagne“. Oui et quelle éternelle question tout de même puisque sans agir il nous est impossible de savoir ce que l’on gagnerait…

Est-ce pour ça qu’il faille rester là, sans rien chercher à améliorer ?

Beaucoup de gens préfèrent en effet rester dans un pseudo confort connu plutôt que d’essayer d’aller vers une vie plus alignée avec leurs souhaits et leurs envies. Les doutes et les inquiétudes permanentes créent un univers de regrets, de choses que l’on aimerait faire mais qu’on ne s’autorise pas à essayer.

La peur sociale

Tout le monde est concerné et touché par la peur du regard de l’autre. Cette peur sociale traduit une peur de ne pas être accepté, de ne pas être aimé. Nous avons peur quand nous sommes conscients de faire partie d’un groupe.

Ce groupe social crée des codes à respecter, des politesses, des mots et des gestes à réaliser en société pour être accepté par tous. Depuis que nous sommes petits, nous avons été façonnés par la société avec des codes ancrés profondément en chacun de nous. L’avantage, tu l’admettras, c’est que tu ne te cures pas le nez dans la salle d’attente chez le médecin ni en faisant tes courses, de la même façon que tu retiens tes rototos et autres joyeusetés intestinales de ton mieux…et quand c’est possible…j’entends bien.

La peur du regard de l’autre est une peur sociale basée là encore sur notre système de croyances et d’éducation, pour rentrer dans le moule “de ce qu’il faut faire” parce que c’est la manière la plus connue, celle qui rassure. Voilà une bonne raison inconsciente qui pousse à tourner les talons face à une envie de changement, qui t’alignerait pourtant avec ce que tu deviens et ce que tu veux.

Pourquoi ? Parce que le changement c’est l’inconnu, un chemin hors des sentiers battus !

Parmi le regard des autres, il y a le jugement et la critique, tous deux parfaitement humains. C’est avant tout un moyen de protéger et de rassurer celui qui l’utilise. Petite, quand je rapportais à ma maman une vilaineté de critique d’une soi-disant copine, elle me répondait toujours : tu t’en fiches, c’est parce qu’elle est jalouse…! (Merci ma petite mamounette…) Et un des secrets est bien là : dans un jugement, une critique, il y a surtout quelqu’un qui se regarde car tu es le miroir de ce qu’il n’a pas.

la peur du jugement

Cela traduit un manque de confiance en cette personne. Toi tu n’y es pour rien. Penses-y la prochaine fois, ça dédramatise la remarque !

Chaque personne est différente, avec ses propres goûts, couleurs et opinions. Nous avons tous une perception des choses avec une vision personnelle du monde. C’est ce qui fait toute la richesse de ce monde !

Peur de la honte

Comment présenter la chose… L’exemple le plus concret que l’on a tous au moins vécu une fois dans sa vie : prendre une gamelle dans la rue comment ça, pas toi ?, ou trébucher en se rattrapant lamentablement à coup de grandes enjambées sur plusieurs mètres, sans tomber pourtant, grâce à je ne sais quelle bonne étoile… D’ailleurs dans ces moments là, tu remarqueras que tu préfères presque une bonne gamelle nette et directe, plutôt que cet interminable manque d’allure évident où tout le haut de ton corps, tignasse comprise, est projeté en avant avec tes dents en pôle position. Personnellement, ce genre de cascade douteuse m’est arrivée à un spectacle de chants de l’une de mes filles (entend donc avec les parents de la centaine d’enfants présents), qui est restée figée – et honteuse elle-aussi, c’est communicatif ces choses là – devant le ramdam des chaises que j’emmenais sur mon passage… La dignité ne tient parfois qu’à une semelle de sandalette.

On fait quoi dans ces moments là ??? Et bien on se remet vite fait sur pieds pour faire comme si rien ne s’était passé et retrouver au plus vite un semblant de contenance ! C’est bien connu, personne n’a rien vu… puisque ton amie te le dit… ben voyons… Puis, seulement dans un second temps, on pense enfin à soi et on se trouve bien chanceux de ne pas s’être cassé les dents…

C’est ce qui s’appelle un moment de honte absolue définitive et puis c’est tout ! Oui et la vie est faite ainsi : avec des moments de gloire et des échecs cuisants.

La honte ridiculise mais ne tue pas ! La honte est un sentiment puissant qui nous pousse à nous oublier pour se confondre dans la masse, pour ne pas sortir du lot, tout ça pour tenter de passer inaperçu. Opération transparence ratée.

La honte est liée à notre manque de perfection et notre pseudo devoir de fierté devant les autres. Sauf que la perfection n’existe pas, chez personne ! Tout le monde vivra des moments de honte absolue dans sa Vie. Oui ! Tout le monde sans exception mais pas au même moment tu penses bien ! A chacun son heure de loose ! Penses-y pour ton prochain moment de solitude.

La peur de l’échec

Ce qui fait peur dans l’échec c’est encore les autres. Vivre l’échec, c’est avouer publiquement que l’on a pas réussi. C’est se mettre à nu devant ceux qui nous aiment et ceux qui nous détestent.

C’est un sentiment persistant dans le temps. Il est plus douloureux parce qu’il est lié encore à ce fardeau de perfection que chaque être humain croit devoir posséder et montrer devant les autres, mêlé à une frustration qu’il faut digérer quand on ne remporte pas la médaille tant espérée alors que certains nous attendent au tournant.

Pourtant, s’il y a un échec c’est qu’il y a eu en amont un projet, une idée, un changement souhaité qui n’a pas abouti. Juste qui n’a pas abouti maintenant, à ce moment là.

La peur de l’échec interagit avec d’autres gens, avec des personnes à qui l’on croit devoir se justifier. Et c’est là le mal : s’imposer de croire que l’on doit se justifier.

Pour accepter la peur de l’échec, il faut revoir sa position face aux autres et raconter uniquement ce que l’on a envie de partager, il faut savoir se protéger. L’exercice est difficile mais petit à petit, il est possible de s’exprimer sans le syndrome “du nul accompli”.

— Ce qu’il faut garder en tête, c’est que l’échec t’a permis de parcourir un chemin, sur lequel tu as appris, tu as grandi —

L’échec est une épreuve, un obstacle qui fait partie intégrante de la vie tout comme les moments de joie intense. C’est une autre expérience qui te fait avancer pour aller vers un mieux futur. Peu de gens ont ce courage alors sois-en fier !

Alors, on fait quoi avec sa peur ?

En général, on cherche plutôt à la balayer, à l’étouffer en espérant qu’elle passe le plus vite possible. Paradoxalement, moins on la considère et plus on la nourrit en continuant de vivre avec elle de la même manière.

L’accepter

Alors le premier pas est de l’accepter elle et le lot d’émotions qui l’accompagne. L’accueillir et lâcher prise. La peur fait un travail silencieux sur chacun de nous. C’est une émotion qu’il faut comprendre pour voir d’où elle provient et l’histoire qu’elle raconte de soi.

La peur permet d’en apprendre davantage sur qui l’on est et de grandir à travers elle. Pour cela, il faut s’arrêter un instant et se questionner sur les raisons de cette peur quand elle se présente. Elle peut avoir de multiples causes et conséquences.

Mettre ses propres mots dessus permet déjà de dédramatiser la situation et de voir les choses d’un autre angle, de façon plus réelle, plus objective et donc plus constructive pour soi et pour le but à atteindre.

S’accepter soi

Sois toi-même, tel que tu es avec tes doutes, tes craintes.

Tes imperfections font justement ta perfection puisque ça te rend unique.

Ose faire tes propres choix, parle de ce qui t’anime, de ce que tu aimes, de tes envies, de tes rêves et de tes casseroles…

Accepter la peur

Rien n’est plus important que le chemin pour y arriver et pour ne rien regretter. Ainsi, Brownie Ware, cette infirmière australienne exerçant en soins palliatifs, demandait à ses patients en fin de vie ce qu’ils regrettaient le plus dans leur vie… Réponse ? Ne pas avoir eu le courage de vivre leur propre vie mais celle que les autres attendaient d’eux.

Alors fais tout ton possible dès maintenant pour ne pas te dire que tu as vécu la vie que les autres attendaient de toi. Pour ça, ose faire des choix malgré la peur et les incertitudes fondées par tes pensées et la société.

La peur peut nous construire quand elle est comprise et accueillie.

Et c’est seulement là, qu’alors, on peut la prendre par la main et lui dire :

Allez viens, on y va quand même et on verra…

On avance ?

— Fais le bilan de tes dernières peurs

Prend un instant pour y réfléchir. Repense à un projet, à une idée, à une envie que tu t’empêches de mener par peur.

Cette peur a-elle un impact négatif sur ton corps physique au moment où tu la ressens ? (est-elle dangereuse physiquement ?)

Si la réponse est NON, bonne nouvelle : cela signifie qu’il y a bien une solution adaptée pour poursuive ton projet ou ton idée ! Et c’est par là que tu dois démarrer !

De quelle peur s’agit-il exactement ? (matérielle, financière, jugement des autres, échec, organisation…? Définis-la)

Pourquoi ? (liste tes arguments, tes ressentis, tes propres jugements… qui selon toi justifient cette peur)

Comment peux-tu la dépasser ? (quelle solution adaptée et simple peux-tu réaliser maintenant pour faire un petit pas vers ton projet ?)

Partage-moi en commentaire le bilan de ta peur pour avancer ensemble !!

Au plaisir de te lire !

A bientôt !!

Pour aller plus loin : Cet article participe au Carnaval d’articles sur le thème “Vaincre ses peurs pour avancer” organisé par Franck AUGRIS fondateur du blog LE MANAGER ETHIQUE où j’ai trouvé un article très inspirant sur le pouvoir de cesser de plaire à tout le monde !! ! Je t’en souhaite une bonne lecture !

Photos du site Flickr par ordre d’apparition : Claire Tresse, Barbara Willi, Navis06, Motora desiderata, Yannick_m

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